Ventilation naturelle : ce que nos capteurs ont mesuré pendant douze mois
Nous avons instrumenté trois bâtiments à Niamey. Les résultats remettent en cause quelques certitudes.

Pendant douze mois, nous avons posé 34 sondes de température, d'humidité et de CO₂ dans trois bâtiments : une villa en BTC, un immeuble de bureaux à double peau, et — comme témoin — un immeuble à façade vitrée et climatisation permanente.
Résultat 1 : l'inertie bat l'isolation
Sous climat sahélien, l'écart de confort ne vient pas de la résistance thermique du mur mais de sa masse. Le mur de 40 cm en BTC (R faible, masse forte) est resté systématiquement plus confortable qu'un mur isolé léger de même R.
Résultat 2 : la nuit fait tout le travail
Dans le bâtiment ventilé naturellement, 78 % du rafraîchissement effectif se produit entre 22 h et 6 h. Autrement dit : une stratégie de ventilation nocturne mal conçue annule tous les efforts de la journée.
Résultat 3 : le confort perçu dépasse le confort calculé
À température égale, les occupants du bâtiment ventilé se déclarent plus confortables que ceux du bâtiment climatisé. Le mouvement d'air, même faible (0,3 m/s), change tout. Les modèles de confort adaptatif le prédisaient ; nous l'avons mesuré.
Limites
Trois bâtiments, ce n'est pas un échantillon statistique. Les données brutes sont disponibles sur demande — nous préférons qu'elles soient discutées plutôt que crues.



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